{"id":7264,"date":"2010-07-31T11:29:16","date_gmt":"2010-07-31T09:29:16","guid":{"rendered":"http:\/\/claudeyacoub.com\/?p=7264"},"modified":"2019-05-13T11:30:28","modified_gmt":"2019-05-13T09:30:28","slug":"7264","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/2010\/07\/31\/7264\/","title":{"rendered":"Le monde de demain"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-7266\" src=\"http:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5008.jpeg\" alt=\"\" width=\"527\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5008.jpeg 527w, https:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5008-300x141.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/p>\n<p><strong>31\/07\/2010<\/strong><br \/>\nRessorti de mes archives, ce texte \u00ab\u00a0J\u2019attends la fin d\u2019un monde\u00a0\u00bb qui accompagnait l\u2019installation du m\u00eame nom que j\u2019avais r\u00e9alis\u00e9 en 1996 \u00e0 Fort-de-France. Il n\u2019a pas pas beaucoup vieilli, h\u00e9las\u00a0!<\/p>\n<p><em>J\u2019attends la fin d\u2019un monde\u2026 J\u2019attends encore et encore. Je n\u2019en finirais d\u2019attendre et j\u2019attends le r\u00eave, celui de l\u2019ange. J\u2019attends la folie, celle d\u2019une sir\u00e8ne noy\u00e9e. J\u2019attends le d\u00e9sir, celui de l\u2019auteur. J\u2019attends un bus. J\u2019attends celui qui d\u2019un clin d\u2019\u0153il m\u2019emportera si loin, celle qui m\u2019enveloppera des ses ailes diaphanes. J\u2019attends les nouvelles d\u2019Ulysse qui ne m\u2019a toujours pas \u00e9crit et quand je pense \u00e0 tout cela, je me demande bien s\u2019il faut encore attendre, et pourtant j\u2019attends. J\u2019attends mon d\u00e9part imminent\u00a0: aile C, porte 23, pour navette aller simple. Il para\u00eet que c\u2019est beau l\u00e0-bas, le soleil est doux et les nuages tendres. Enfin, je crois bien que c\u2019est la destination r\u00e9serv\u00e9e sur mon billet. J\u2019attends une gentille sorci\u00e8re, elle m\u2019a promis mes trois \u00e9toiles et leur fond bleu, elle me les a dessin\u00e9 et m\u00eame plus. J\u2019attends le sommeil &#8211; les yeux grands ouverts &#8211; la colombe de l\u2019innocence. Je me souviens de mes pigeons, mes aigles royaux dans la rue de mon enfance. Et puis ce n\u2019\u00e9tait pas la m\u00eame, la m\u00eame rue, la m\u00eame vie, la m\u00eame histoire, la m\u00eame larme. C\u2019\u00e9tait hier. Et j\u2019attends ici m\u00eame et nulle part pareil. J\u2019attends l\u2019autre, personne d\u2019autre, rien que lui et elle, un sourire, une lueur, un tendre regard. Je ris de moi, de cette attente \u00e9ternelle et renouvel\u00e9e. Je ris de cette lutte\u00a0: des ch\u00e2teaux de cartes \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, de Don quichotte fatigu\u00e9, de la reine d\u00e9chue et je ris de mes pleurs et puis je m\u2019endors. R\u00e9veil soudain, plus que jamais dans une salle d\u2019attente, il y a des revues toutes vieilles, des macr\u00e9lages rassis, des photos jaunies ; quelle tristesse\u00a0! Un grand soupir, le souffle lourd, j\u2019attends. Une porte s\u2019ouvre\u00a0: pas beau le monsieur, m\u00eame pas un sourire. Je ne me l\u00e8ve pas\u00a0; je pr\u00e9f\u00e8re attendre encore un peu, je passe mon tour, peut-\u00eatre que ce sera un autre architecte un peu plus tard. Fermer les yeux. L\u2019infini est si proche et ma f\u00e9e me guide depuis l\u2019aube de mes anc\u00eatres. Il n\u2019y a pas si longtemps ; environ deux ou trois mill\u00e9naires, enfin beaucoup plus\u00a0! Deux jours. J&#8217;attends toujours mon prochain voyage, la gare est vide, on est bien toujours seul, des fois \u00e0 c\u00f4t\u00e9 il y a quelqu\u2019un mais vraiment \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Enfin, j\u2019attends. Et je serai encore l\u00e0 tant que les hommes se raconteront des histoires, et moi avec. J\u2019attends la fin d\u2019un rien, d\u2019un tout, de presque, d\u2019avec. Affam\u00e9 de vies, d\u2019espoirs, d\u2019\u00e9tranges paysages, de faux passages, d\u2019amours. Ah, l\u2019amour\u00a0! J\u2019attends l\u2019amour\u00a0: petites annonces, deux mots et je souris. J\u2019attends le temps aussi et son fr\u00e8re qui nous entoure, juste de quoi respirer et de quoi survivre face \u00e0 l\u2019ennemi. L\u2019ombre de mes peurs, le rebelle oubli\u00e9 et \u00e0 peine disparu. Seul, j\u2019attends. Je ne sais plus qui j\u2019attends, sinon \u00eatre soi-m\u00eame, ni plus ni moins, comme il faut, juste l\u00e0, pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9, tout juste l\u00e0. Sinon ne rien n\u00e9gliger\u00a0: son corps, son esprit et leurs hordes de fant\u00f4mes. Sinon \u00eatre l\u00e0 c\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas mal. Un, deux, trois\u2026\u00a0: j\u2019attends. Et vous, \u00e7a ne vous dirait pas\u00a0? Attendre et toujours esp\u00e9rer, ne presque jamais savoir, ne presque jamais comprendre. Attendre ensemble cette nuit, une derni\u00e8re, juste avant celle d\u2019apr\u00e8s et encore celle d\u2019apr\u00e8s apr\u00e8s. Depuis l\u2019aube du premier jour qui a vu un petit gars croire qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 lui seul l\u2019univers et sa constellation de vies. Depuis, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait\u00a0? Sinon attendre\u00a0!\u00a0 Alors, attendons\u2026 La fin d\u2019un monde. Un petit sourire, une gentille f\u00e9e me cligne de l\u2019\u0153il, un ange passe et le monde lui-m\u00eame attend, comme un grand, l\u2019\u00e9ternel recommencement. Cette fin sublime, cette fine ligne venant du n\u00e9ant, allant l\u00e0-bas o\u00f9 nos \u00e2mes errent \u00e0 travers l\u2019immensit\u00e9 de nos histoires. Quelle fin\u00a0? Quelle attente\u00a0? Y\u2019a qu\u2019\u00e0 prendre un journal, regarder la t\u00e9l\u00e9, faire l\u2019amour. Non, je rigole, pas faire l\u2019amour, du moins pas pour attendre. Petit sourire. Vous attendez quoi au fait en lisant ces mots absurdes\u00a0? Le jackpot, votre horoscope, l\u2019\u00eatre tendre, un nouveau boulot, un fantasme inassouvi, l\u2019illumination divine. Non non, attendez (justement), laissez moi deviner\u00a0? Vous n\u2019attendez rien et vous avez tout compris car il ne faut rien attendre, sinon soi-m\u00eame. Alors entre nous, c\u2019est pas la fin d\u2019un monde que j\u2019attends mais bien celui de mon monde, de mes r\u00eaves, de l\u2019innocence, du vice cach\u00e9, de mes mill\u00e9naires, du d\u00e9s\u00e9quilibre, de l\u2019am\u00e8re bataille de mes sc\u00e9narios, de la solitude, du deuil des autres, du silence et de l\u2019\u00e9ternel \u201cje t\u2019aime\u201c. Ne vous inqui\u00e9tez pas, cette nuit veillera sur nous. Grains de sable, fermez les yeux, le r\u00eave \u00e0 jamais\u2026<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>31\/07\/2010 Ressorti de mes archives, ce texte \u00ab\u00a0J\u2019attends la fin d\u2019un monde\u00a0\u00bb qui accompagnait l\u2019installation du m\u00eame nom que j\u2019avais r\u00e9alis\u00e9 en 1996 \u00e0 Fort-de-France.&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7266,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"pgc_sgb_lightbox_settings":"","footnotes":""},"categories":[9],"tags":[58,60],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7264"}],"collection":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7264"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7267,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7264\/revisions\/7267"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7266"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}