{"id":7194,"date":"2010-07-16T10:50:10","date_gmt":"2010-07-16T08:50:10","guid":{"rendered":"http:\/\/claudeyacoub.com\/?p=7194"},"modified":"2019-05-13T10:51:43","modified_gmt":"2019-05-13T08:51:43","slug":"ronde-de-nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/2010\/07\/16\/ronde-de-nuit\/","title":{"rendered":"Ronde de nuit"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-7195\" src=\"http:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5206.jpeg\" alt=\"\" width=\"1008\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5206.jpeg 1008w, https:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5206-300x77.jpeg 300w, https:\/\/claudeyacoub.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Col-5206-768x198.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 1008px) 100vw, 1008px\" \/><\/p>\n<p><strong>16\/07\/2010<\/strong><br \/>\nJe viens de retrouver ce texte que j\u2019avais \u00e9crit en 1994 pour accompagner le dossier de rendus des projets de \u201cmes\u201c \u00e9tudiants \u00e0 l\u2019Ecole R\u00e9gionale d\u2019Arts Plastiques. J\u2019y pratiquais un cours intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Approche scientifique des arts plastiques\u00a0\u00bb, tout un programme. Pour preuve cette ronde de mots nocturnes (si modestes\u00a0!) :<br \/>\n<em>Un jour, une nuit. Une \u00e9toile l\u00e0-haut me clignait de l\u2019\u0153il. Je regardais autour de moi pensant qu\u2019elle parlait \u00e0 une autre personne et pourtant c\u2019est bien \u00e0 moi qu\u2019elle s\u2019adressait. Je fermais les yeux et je sentis une brise me caresser la nuque, elle me contait d\u00e9j\u00e0 l\u2019histoire d\u2019un hier si proche, d\u2019un demain bien plus. Il y a si longtemps. C\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019instant et d\u00e9j\u00e0 j\u2019\u00e9tais loin, si loin. Ma petite \u00e9toile me r\u00eava l\u2019histoire d\u2019un homme qui de Venise \u00e0 Damas en passant par Ath\u00e8nes flirtait avec la Lune. Il en \u00e9tait terriblement amoureux, il ne vivait qu\u2019en elle. La nuit il dormait dans ses bras, le jour il parlait de sa ma\u00eetresse \u00e0 tous ceux qu\u2019il croisait dans la rue. La t\u00eate vers le ciel, les yeux envo\u00fbt\u00e9s par sa reine et ses sujets, il contemplait le temps qu\u2019il habitait depuis le jour de ce premier regard, de ce premier baiser. Depuis le temps \u00e9tait en lui\u00a0; la moindre seconde il la respirait, ainsi que le moindre nuage, le moindre souffle. Il \u00e9tait l\u00e0 pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Et l\u2019espace de la Place Saint Marc \u00e0 la mosqu\u00e9e des Ommeyades en passant par la Plaka n\u2019\u00e9tait que le reflet de sa forteresse intime apprivois\u00e9e. La folle histoire du monde se poursuivait \u00e0 une vitesse affolante. Les hommes avaient oubli\u00e9 la Terre et ses compagnons dans un univers qu\u2019ils n\u2019avaient de cesse de d\u00e9monter \u00e0 coup d\u2019\u00e9volution incontr\u00f4l\u00e9e. Encore et encore plus sans jamais vivre la vie. L\u2019amant de la Lune errait \u00e0 travers ces paysages ensorcel\u00e9s par une soif de fausse modernit\u00e9. Il pleurait ce monde triste de n\u2019avoir su un jour s\u2019arr\u00eater et oublier. Ses larmes \u00e9taient peut-\u00eatre le dernier espoir que personne ne voulait voir. Alors, le c\u0153ur bless\u00e9, il se r\u00e9fugiait aupr\u00e8s de son amour. Un mot\u00a0, un sourire et l\u2019espoir \u00e0 nouveau. Une nuit bleue, une \u00e9toile morte\u00a0; l\u2019infini encore l\u00e0, la vie plus que jamais. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sur la route vers d\u2019autres contr\u00e9es o\u00f9 quelqu\u2019un peut-\u00eatre \u00e9coutera son iliade. Depuis, la Lune me para\u00eet si belle et je pense \u00e0 cet homme qui un jour me contera sa vie. Un jour. Histoire d\u2019un oubli.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>16\/07\/2010 Je viens de retrouver ce texte que j\u2019avais \u00e9crit en 1994 pour accompagner le dossier de rendus des projets de \u201cmes\u201c \u00e9tudiants \u00e0 l\u2019Ecole&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7195,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"pgc_sgb_lightbox_settings":"","footnotes":""},"categories":[9],"tags":[31,60],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7194"}],"collection":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7194"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7194\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7196,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7194\/revisions\/7196"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7195"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7194"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7194"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/claudeyacoub.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7194"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}